La pandémie de COVID-19 a accéléré le passage à la téléconsultation à une vitesse incroyable : selon l’Assurance Maladie, le nombre de consultations à distance est passé de 40 000 par mois début 2020 à 4,5 millions en avril 2020, avec un niveau élevé maintenu depuis (source : Ameli). Mais derrière ce chiffre, qui consulte en ligne, et qui reçoit ?
Les médecins généralistes en première ligne
A Paris, la téléconsultation est proposée par environ 70% des médecins généralistes (ordre des médecins 2023), particulièrement en cabinets de groupe ou via les plateformes partenaires comme Doctolib, MediConsult ou Qare.
- Pour quels motifs ? Renouvellement d’ordonnance, suivi d’une pathologie chronique (diabète, hypertension), petite infection, avis sur une blessure mineure, conseil ou dépistage COVID, simple demande d’avis.
- Cas pratiques : Mme G., 79 ans, fait renouveler ses traitements pour arthrose une fois sur deux en ligne. Son médecin accède à son dossier et peut transmettre directement un arrêt de travail à la Caisse d’Assurance Maladie si besoin.
- Limites : Le médecin peut exiger une visite en cabinet après une téléconsultation s’il juge l’examen clinique indispensable.
Les spécialistes aussi accessibles à distance
- Cardiologues, dermatologues, psychiatres… Depuis 2021, la part des spécialistes équipés de solutions de téléconsultation a augmenté de 60% à Paris (source : URPS médecins libéraux).
- Exemples :
- Dr B., cardiologue à la Pitié-Salpêtrière, suit des patients appareillés avec pacemaker via une plateforme hospitalière sécurisée.
- Des dermatologues du 12e proposent des consultations pour les lésions de la peau à partir de photos transmises en amont.
- Infos pratiques : Les délais d’obtention d’un rendez-vous par téléconsultation sont souvent plus courts que pour un rendez-vous en présentiel (parfois sous 48h pour un généraliste, 7 à 15 jours pour un spécialiste en moyenne sur Paris).
Les pharmaciens : nouveaux acteurs inattendus
Depuis la convention signée en 2021, plus de 400 officines parisiennes disposent d’une cabine de téléconsultation dans leur espace (source : Ordre national des pharmaciens). On y trouve un ordinateur équipé, parfois avec appareil pour mesurer tension, poids, voire saturation en oxygène.
- Public concerné : Idéal pour les patients âgés sans équipement numérique, ou peu à l’aise avec les outils. Un pharmacien peut assister la personne dans sa démarche.
- Actes concernés : Consultation de médecine générale, mais certains spécialistes se déplacent aussi à distance (dermatologie, psychiatrie, nutrition).
- Anecdote : Mme R., 82 ans, a pu consulter en 10 minutes un médecin généraliste après avoir mesuré sa tension sur place grâce à la pharmacienne, alors qu’elle redoutait d’utiliser une tablette seule.
Les infirmiers et la télésurveillance à domicile
Les infirmiers libéraux parisiens sont désormais le relais essentiel pour la télésurveillance des pathologies chroniques à domicile. Une étude ARS Île-de-France (2022) révèle qu’un quart des infirmiers réalisent au moins une mission de suivi connecté par semaine chez leurs patients âgés.
- Tâches réalisées en télésurveillance :
- Réalisation et transmission de constantes (tension, poids, température)
- Prise de photos de plaies ou d’escarres pour transmission au médecin coordinateur, validée par un dispositif comme M-Santé
- Rappel et vérification de la prise de médicaments avec alerte en cas d’oubli
- Situation concrète : Dans le 18e, une équipe paramédicale suit à distance les patients d’EHPAD non médicalisé pour prévenir la dénutrition, en pesant les résidents chaque semaine avec remontée automatique des données au médecin traitant.
Autres professionnels mobilisés : kinés, psychologues, orthophonistes
La téléconsultation gagne aussi les métiers de la rééducation et du soutien psychique. Elle est acceptée dans certains motifs précis :
- Kinésithérapeutes : Pour les conseils post-opératoires, les auto-exercices, les suivis de lombalgie chronique. 12% des séances de suivi peuvent être effectuées à distance à Paris (source : IFMK, 2023).
- Psychologues : Pour la prise en charge des troubles anxieux, la téléconsultation est particulièrement bien perçue par les seniors « aidant proches » épuisés, souvent anxieux à l’idée de se déplacer.
- Orthophonistes : Pour la réhabilitation cognitive après un AVC ou pour l’accompagnement de maladies neurodégénératives débutantes.