La palette d’intervenants est large. Certains sont en première ligne, d’autres en « coulisses », mais tous sont indispensables au fil du parcours gériatrique. Focus sur les rôles clefs.
Le médecin traitant : pilote de la prise en charge
Impossible de parler coordination sans évoquer d’abord le médecin traitant. C’est souvent lui qui :
- Pose les diagnostics
- Gère la majorité des prescriptions
- Orchestre les interventions extérieures (kiné, IDE, spécialistes...)
- Fait le lien avec la famille et l’équipe sociale
En 2022, plus de 87 % des plus de 75 ans en France avaient désigné un médecin traitant (source : Assurance Maladie). Mais, sous la pression du temps, ce dernier n’a pas toujours la possibilité de s’informer auprès de chaque professionnel. D’où l’importance d’appuis complémentaires.
Les infirmier(ère)s à domicile : les vigies du quotidien
Avec leurs passages réguliers (pansements, injections, surveillance), les infirmiers sont les « yeux et oreilles » du système, mais aussi le relais d’alerte en cas de souci. Leur rôle concret dans la coordination :
- Transmettre au médecin tout changement ou incident observé
- Communiquer au kinésithérapeute ou à l’aide à domicile les évolutions importantes
- Accompagner dans la prise de traitement afin de prévenir erreurs ou surdosages
La Haute Autorité de Santé rappelle que « la qualité de la communication entre médecin traitant et infirmière est l’un des premiers facteurs de prévention des hospitalisations non nécessaires. » (HAS, Guide de coordination, 2023)
Le kinésithérapeute : gardien du mouvement et partenaire clé
Le kiné n’intervient pas seulement après une fracture du col du fémur. Il accompagne chaque jour la récup’, la prévention des chutes, le maintien à domicile.
- Il informe le médecin des progrès ou régressions notés lors des séances.
- Adapte son programme selon les retours des autres intervenants (douleurs, difficultés...)
- Participe parfois à des réunions de coordination, notamment via les dispositifs MAIA ou les réseaux gérontologiques à Paris.
En Ile-de-France, près de 49 % des plus de 75 ans suivis en ville bénéficient d’au moins une séance de rééducation chaque année (URPS 2023).
Le pharmacien : chef d’orchestre discret des traitements
Souvent sous-estimé, le pharmacien joue un rôle de vérification et de conseil crucial :
- Analyse la cohérence des prescriptions (prévention des interactions médicamenteuses, doublons...)
- Fournit un « plan de prise » ou un pilulier adapté
- Alerte le médecin en cas de suspicion d’incompatibilité ou d’effets secondaires, grâce à la lettre trimestrielle de conciliation médicamenteuse (réglementée par l’Assurance Maladie depuis 2020)
À Paris, les officines participent de plus en plus à des actions locales de coordination : réunions, téléconsultations avec les équipes mobiles gériatriques, etc. (source : Ordre national des pharmaciens).
Les aides à domicile : rouages de l’accompagnement (mais rarement coordinateurs)
Qu’ils interviennent via le CCAS, une association ou en emploi direct, les aides à domicile apportent un soutien qui va bien au-delà du ménage : aide à la toilette, à l’habillage, préparation des repas, présence rassurante. Si leur mission première n’est pas la coordination des soins, elles sont souvent les premières à remarquer un changement d’état (perte d’appétit, trouble du comportement, chute passée sous silence).
Leur remontée d’informations, même informelle, vers la famille ou le médecin traitant peut parfois faire toute la différence. C’est pourquoi, sur certains territoires, on les inclut désormais dans les formations à la coordination (source : Fédération ADMR).
Le rôle pivot des professionnels de la coordination
Au-delà des intervenants habituels, il existe des métiers ou dispositifs spécifiquement chargés de coordonner le parcours :
- Les infirmier(ère)s en pratique avancée (IPA) : depuis 2018, ces infirmières titulaires d’un master en santé gèrent, en lien avec le médecin, la surveillance des personnes polypathologiques, l’organisation des actes et la coordination des équipes (source : HAS Dossier IPA).
- Coordinatrices de parcours en dispositifs MAIA (Méthode d’Action pour l’Intégration des services d’aide et de soins dans le champ de l’Autonomie) : actives à Paris notamment, elles deviennent l’interlocuteur privilégié des familles en cas de parcours complexe/maladies chroniques multiples. Elles réalisent l’évaluation multidimensionnelle, planifient les interventions et s’assurent du suivi (source : CNSA).
- Assistants de service social et conseillers en gérontologie : Ils sont le « GPS » des familles pour naviguer entre dossiers d’aide, plans d’aide APA, retour à domicile après hospitalisation, etc. Leur connaissance des réseaux locaux est précieuse.